DHL commande 1000+ Stretch Boston Dynamics
Le 13 mai 2025, DHL Group signe un protocole d’accord stratégique (MoU) avec Boston Dynamics pour déployer plus de 1 000 robots Stretch supplémentaires d’ici 2030, et élargir leurs usages au-delà du déchargement de conteneurs.
Le fait
Le MoU officialise l’accélération d’une collaboration née en 2018. Stretch, bras mobile de manipulation de cartons, a été introduit commercialement par DHL Supply Chain en Amérique du Nord en 2023, puis étendu au Royaume-Uni et en Europe. Les déploiements affichent jusqu’à 700 cartons/heure en déchargement de remorques ou conteneurs « floor-loaded ». Le nouveau cadre vise non seulement le volume (1 000+ unités additionnelles) mais surtout de nouveaux cas d’usage, en priorité le case picking — activité la plus intensive en main-d’œuvre chez DHL Supply Chain — et des déchargements de fret plus complexes. Les deux groupes passent d’une relation fournisseur–client à une co-développement : tests, intégration convoyeurs/palettiseurs et branchement sur les WMS DHL.
Contexte
DHL a investi plus d’1 Md€ en automatisation de sa logistique contractuelle sur trois ans et déploie déjà plus de 7 500 robots (AutoStore, Fox Robotics, Geek+, Locus, etc.) ; plus de 90 % de ses entrepôts utilisent au moins une forme d’automatisation. Stretch s’attaque à un goulot précis : le déchargement manuel dans des remorques chaudes ou froides, pénible et accidentogène. Boston Dynamics, de son côté, scale enfin son offre entrepôt après Spot (2 000+ quadrupèdes dans le monde) : Stretch devient le candidat « multi-use case » box-picking. Le CEO Robert Playter et la CIO Supply Chain Sally Miller insistent sur le même message — construire des solutions plus résilientes avec l’opérateur, pas seulement livrer des machines.
Pourquoi ça compte
Un MoU à quatre chiffres d’unités d’ici 2030 marque le passage de la robotique d’entrepôt pilote à la capex structurante. Stretch n’est plus un gadget de quai : s’il gagne le picking allée, un même robot mobile couvre deux postes majeurs du flux. Pour les concurrentes (Pickle, Mujin, Dexterity, Contoro…), le signal est clair — DHL choisit un partenaire long terme et co-oriente la roadmap produit. Pour les salariés, l’argument affiché reste la pénibilité (moins de cartons dans les remorques) autant que le débit.
Lecture Neurone21
Mai 2025 = moment où Stretch bascule du « unloading hero » au plateau multi-tâches. À surveiller : rythme réel de livraison vs 2030, maturité du picking mobile en production, et capacité de Boston Dynamics à industrialiser sans diluer la fiabilité déjà prouvée au quai. Pour les logisticiens FR/EU : un modèle de co-développement client–OEM à recopier — et un rappel que le volume d’achat suit la preuve opérationnelle (700 cph), pas les démos.
Sources : DHL Group — communiqué « DHL Group signs MOU with Boston Dynamics for additional 1,000-robot deployment » (13/05/2025) ; The Robot Report — « DHL buying 1,000+ Stretch robots from Boston Dynamics » (13/05/2025) ; Supply Chain Digital / Automated Warehouse — couverture MoU et case picking (mai–juin 2025).