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Attabotics quasi-faillite ASRS

Robotique

Le fait

Début juillet 2025, Attabotics (Calgary), figure de la robotique d'entrepôt canadienne, bascule en procédure de protection des créanciers. Le 2 juillet, la société et sa filiale US déposent un Notice of Intention to Make a Proposal sous la Bankruptcy and Insolvency Act ; le syndic Richter est nommé. Quelques jours plus tôt, le 30 juin, 192 des 203 salariés sont licenciés — il ne reste qu'une équipe squelette de 11 personnes « business critical ».

Le déclencheur : le 18 juin, Export Development Canada (EDC), plus gros créancier garanti (créance de l'ordre de 46 M$ CAD / plus de 33 M$ US), signifie un avis d'intention d'exercer ses sûretés. Attabotics obtient ensuite un financement DIP d'environ 1,5 M$ d'EDC pour tenir ~30 jours à échelle réduite, le temps de chercher un repreneur ou une solution de continuité.

Contexte

Fondée vers 2015–2016 par Scott Gravelle, Attabotics proposait un ASRS goods-to-person en structure cubique 3D inspirée des fourmilières : navettes robotiques qui stockent et sortent les SKU dans un volume dense, sans allées classiques. Clients historiques cités : Canadian Tire, Nordstrom, Tesco, partenariats tech (Microsoft). Levées cumulées de l'ordre de 200–220 M$ (EDC, Ontario Teachers', Coatue, Comcast Ventures, Forerunner, Honeywell, etc.) plus 34 M$ du Strategic Innovation Fund fédéral — et une usine Calgary à ~20 M$.

Le retournement est brutal. CA passé de plus de 11 M$ en 2022 à environ 3 M$ en 2024, pour une perte nette de ~49,5 M$. Actifs ~32 M$, passif ~74 M$. Après le boom e-commerce post-COVID, la demande retail pour du next-gen warehouse a ralenti ; des frictions techniques et clients, puis l'échec d'une Series D, ont asphyxié la trésorerie malgré un carnet annoncé en reprise début 2025.

Pourquoi ça compte

Attabotics n'est pas un no-name : c'est un cas d'école ASRS — hardware capital-intensif, cycles de vente longs, dépendance au crédit export et aux LP institutionnels. Le contraste est cruel avec les narratifs « robotique d'entrepôt = winner-take-most » : même avec des patents (~150 délivrés/en cours) et des logos retail, le cash burn et le délai d'industrialisation tuent. Signal pour tout l'écosystème goods-to-person (AutoStore, Exotec, Ocado, etc.) : la différenciation mécanique ne suffit plus si le go-to-market et le service après déploiement ne convertissent pas en revenus récurrents.

Lecture Neurone21

Lecture froide : la robotique logistique reste un métier de marge et de déploiement, pas seulement de démo. Attabotics illustre le risque canadien hard tech — gros argent public/privé, usine locale, puis restructuration quand le marché se contracte. Suite connue plus tard en 2025 : cession d'actifs (IP, équipements) à Lafayette Systems (Kentucky). Pour les décideurs supply chain FR/EU : due diligence sur runway, preuves de ROI client et capacité à tenir un SLA multi-sites avant de signer un cube. Pour les investisseurs : le « ants-inspired ASRS » ne remplace pas un P&L qui converge.

Sources : Globe and Mail · Calgary Herald · CBC · Richter · Insolvency Insider · BetaKit